(Ndlr : deux semaines avec 22 handicapés mentaux, 4 co-anim, 1 directrice de séjour.)
J'ai passé deux semaines juste extra-ordinaires.
Jusque là, je n'étais rien.
Jusque là, je n'étais sûre de rien.
Jusque là, je me posais encore la question.
Serais-je capable ? Aurais-je la force ?
Et puis tout s'est emballé.
Je suis partie.
Et je me suis sentie à ma place.
J'ai eu l'impression étrange et agréable de servir à quelque chose...
Enfin...
J'ai eu l'impression d'être avec des gens pour qui je comptais et qui avaient besoin de moi.
Je me suis sentie bien. Si bien..
Immensément seule, mais si bien...
Pas le temps de penser à moi, pas le temps de me poser la question du bien et du mal, du vrai et du faux. Pas le temps de se poser des questions débiles sur la vie, sur moi, sur les autres. Oublié le regard des autres, oubliées leurs remarques désobligeantes, oubliés leurs sourires narquois et leurs rires moqueurs, leurs remarques ironiques, leurs oeillades furtives sur ceux qui sont différents...
J'ai appris tant de choses pendant ces 15 jours de camp de vacances. Je sais désormais où je dois aller. Je sais désormais pour quoi je suis faîte. Et j'en suis sûre. J'ai vécu des choses que nombre d'entre vous ne connaîtrons jamais. J'ai connu des sentiments nouveaux, de tristesses nouvelles, des colères inconnues. J'ai eu à nouveau vent de la misère humaine et aussi de sa connerie. J'apprend de plus en plus à distinguer les limites de la tolérances des humains.
J'ai eu peur, j'ai aimé, j'ai eu mal, j'ai pleuré, j'ai ris, j'ai eu trop de bonheur pour mon petit coeur.
Et je suis revenue. Plus forte, plus grande, plus mature. Plus mieux que jamais.
Cette putain d'expérience à fait de moi quelqu'un de différent.
Il était temps...
Et ça me plait, et ça me fait du bien...
Tout ce temps, je me foutais de la différence. Rien n'avait plus d'importance...
Juste vivre, à leur rythme à eux...
Juste vivre...
Juste...